« Un Noël aux colonies »

Menu du jour: de Jesus à Gbagbo en passant par Jules Ferry, tous pourris !

La voici encore ronflante et pétaradante à la vitesse d’un équipage du Grand Nord tiré par des rennes sub-smicards cette entêtante ritournelle du gloutonnant psychodrame familial : Noël ! Supercherie consumériste indissociable du plus talentueux manageur de l’époque, Jésus.
Culpabiliser pour dominer, diviser pour mieux régner

Ce grand communiquant œdipien a pensé qu’il serait judicieux de nous faire naître à l’envers: catéchisés pour l’échec, rompus à la culpabilité expiatoire, lobotomisés forçats esclaves du sérail, débarrassés de nos mystiques communes et de notre propre rythme.
Comme tous les idéologues, Jésus a fini par mourir. Finalement vendu par les siens.
« – La morale ?
- Tendez l’autre joue, le paradis vous attend. »
Depuis le suprême étatisme stalinien, je n’avais rien entendu de plus fort. Respect Jésus ! Nous fumes matraqués des siècles durant par le refoulé, le renoncement et le martyr pour extraire au final de nous une bidoche bien soumise et bien mesquine, de l’engrais pour colonisation. Désormais, il est connu que pour parfaire l’installation complète du processus de colonisation il faut faire en sorte qu’obstruction, dénigrement, étouffade, muflerie, féroce jalousie et finalement gangrène, dominent les rapports des populations concernées.
Afrique, laboratoire humain

Ce que l’Église catholique a fait avec la France, certains dirigeants au XIXe siècle (Jules Ferry en tête) ont décidé de le faire aux autres, ça s’appelait la colonisation. A n’en pas douter, il y a du avoir quelques bons moments – notamment d’enrichissement – dans l’histoire de cet Empire français. Alors on arrive, on s’met à tailler, à farfouiller, exploiter, agioter dans la tourbe africaine, en extraire tout le jus, tout l’or, tout le pétrole, le profit, la puissance. Avec beaucoup d’alcool, de sourires, de corruption, de dilution et de terreur, l’esclave arrive titubant, tout moulu dans les fers au milieu de cette charogne abracadabrante. Force de travail et chair à canon, certes ! Mais français à Verdun par le sang versé ! Vive la femme sans tête, vive la République et encore merci à super Béhanzin !
Après avoir bien christianisé tout le bazar et pour donner le change, on vaccine à fond et puis en partant on crée la culpabilité post-coloniale tout en prenant bien garde de laisser au pouvoir quelque vorace janus pantin bien grimpé sur le dos et le cœur de « son » peuple. Et pis c’est pas tout, on crée le Paris-Dakar, aujourd’hui délocalisé en Amérique du Sud à cause de quelques agités du désert peu reconnaissants du génie français.
Jesus, Sarko, Gbagbo, Franco, N’Guesso, Napoléon: même combat

Alors bien sûr, il est méchant Gbagbo parce qu’il fait tuer des gens avec des balles alors qu’on peut les tuer à petit feu, à petit pas, avec de l’entourloupe et de la consommation, avec la complicité des grandes multinationales et de leurs banquiers. La problématique de toutes les gouvernances est la même, ce petit corse arriviste de Napoléon l’avait bien compris: « être conquérant ou conquis », seul dilemme, ultime vérité. Tout le reste n’est qu’imposture, falsifies, fripouilleries électorales. Tout porte à croire qu’un maximum de dirigeants considère leur peuple comme des animaux ou encore comme des petits santons pareils à ceux que l’on dispose dans la crèche à Noël. Au plus a-t-on l’air amusant, utile, dangereux ou pittoresque à leurs yeux, nous les chrétiens, les colonisés jobards et dindonnant, enthousiastes cocus, candidats à toutes les exploitations et tous les génocides.
Les deux tiers des tués à la Grande Guerre c’étaient pas des gens de la haute, c’étaient des paysans, des ouvriers, des poètes, une horde pagayeuse de viandes à buter, prête à brouter des conneries et de l’ivresse, résignée ou en bêlant. On peut dire qu’on sait les soigner nos sourcilleux maîtres en France comme en Afrique et pourtant à n’en pas douter ils ont davantage besoin de nous que nous de eux.
Avant de hurler « joyeux noël et bonne année » la bouche pleine d’hormones comme des ânes, méditez ces chiffres, camarades citoyens : Ce sont 358 familles les plus riches qui possèdent la moitié de la fortune mondiale. Croix de Feu , Croix de Fer, si je mens je vais à Auxerre !

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